Quelle machine pour une borne tactile interactive ?
Quand un projet de borne interactive démarre, les premières conversations tournent autour du logiciel, du contenu et du design de l’interface. Le matériel est souvent traité en dernier, comme un détail. C’est là que la plupart des problèmes commencent.
L’an dernier, une association américaine qui préparait une exposition itinérante nous a envoyé les quatre écrans entre lesquels elle hésitait, dont un tout-en-un sous Android. Son projet PandaSuite pouvait tourner sur les quatre. Nous lui avons conseillé un écran séparé, piloté par un mini PC Windows, et du 1080p plutôt que de la 4K, qui demande une machine plus puissante pour le même contenu. La question n’était pas de savoir si le projet tournerait, mais sur quelle machine.
Côté logiciel, le choix reste ouvert : PandaSuite ne vend pas de machine, et le même projet s’exporte pour Windows, macOS, Linux, Android, iPad ou en web app. Pour choisir le logiciel lui-même, trois critères comptent surtout : la liberté de création, le mode kiosque et le fonctionnement hors ligne ; notre guide pour choisir un logiciel de borne interactive les détaille.
Côté matériel, tout ne se vaut pas, surtout pour les projets très multimédias. Un quiz ou un catalogue tourne sans souci sur une machine modeste ; une vidéo 4K, un très grand écran ou une scène 3D demandent une machine plus puissante. Et la réactivité de l’écran compte autant que la puissance de la machine. Le lieu d’installation compte aussi : une borne allumée toute la journée dans une salle silencieuse ne demande pas le même équipement qu’un salon de quelques jours. Voici ce qu’on regarde sur les projets qu’on accompagne.
Trois questions qui décident de la machine
Quel contenu pour votre expérience interactive ? Un quiz, une présentation, un catalogue à parcourir : un tout-en-un suffit, tablette ou écran à Android intégré. Une vidéo 4K, un très grand écran, de la 3D, une imprimante ou un capteur branché : prenez un mini PC Windows.
Où, et pour combien de temps ? Dans une salle silencieuse, une machine sans ventilateur est préférable pour ne pas gêner les visiteurs. Allumée toute la journée dans un hall ou derrière une vitrine, une machine ventilée, qui supporte mieux la chaleur. Sur un salon de quelques jours, une machine qui voyage bien : un mini PC dans une valise, un câblage étiqueté, une procédure de démarrage sur une page. Si le réseau n’est pas fiable partout, tout doit tourner en local, sur un SSD plutôt que sur une carte microSD, qui s’use.
Qui s’en occupe ? Une équipe sur place sans informaticien : une machine qui redémarre seule sur l’application, avec un port USB accessible sans ouvrir le boîtier. Plusieurs sites : un outil de gestion à distance, à choisir à part (PandaSuite n’en fournit pas) et à prévoir dès l’achat.
Tout-en-un ou écran relié à un mini PC ?
Derrière chaque borne, quelque chose fait tourner le projet. Il en existe des centaines de modèles, mais ils se rangent en deux familles : tout est dans l’appareil, ou l’écran est relié à un ordinateur à part.
Le tout-en-un est aujourd’hui le plus répandu : le processeur est dans l’appareil, sans rien à câbler. Le projet s’installe comme une application, puis se règle en mode kiosque dans les réglages de l’appareil. Seule la taille change selon le lieu : une tablette, iPad ou Android, dans un support antivol pour un comptoir, un stand ou un point d’information ; un grand écran à Android intégré, de 32 à 86 pouces chez Philips, iiyama ou Displays2Go, pour un hall ou une salle, où l’application s’installe souvent depuis une clé USB.
C’est le choix le plus simple pour un contenu léger. Sa limite : le processeur intégré est souvent moins puissant que celui d’un téléphone récent, et si l’appareil tombe en panne ou manque de puissance plus tard, on remplace l’ensemble.
À vérifier avant d’acheter, deux points. La version d’Android d’abord : une agence événementielle canadienne nous a écrit le jour où elle livrait deux bornes à écran Android intégré. Sur celle sous Android 11, le projet tournait, avec un peu de latence alors qu’il était fluide sur un téléphone ; sur celle sous Android 7, rien ne s’ouvrait. Nous avons corrigé dans la journée, elle a réexporté et livré à l’heure, mais une version récente d’Android évite ce genre de journée. Le système réel de l’appareil ensuite : les écrans Samsung tournent sous Tizen, les LG sous webOS. Ce n’est pas Android : l’application ne s’y installe pas, et le projet passe par la web app, dans leur navigateur.
L’écran relié à un mini PC Windows offre le plus de souplesse : les outils de création tournent tous dessus, le mode kiosque est intégré à l’application exportée, et il tient les expériences lourdes, 3D en temps réel, données d’une API en direct, imprimante, scanner ou capteur branché dessus. La contrepartie : plus cher, plus chaud, et souvent un ventilateur.
Quels modèles ? Pas besoin de haut de gamme. Le meilleur rapport qualité-prix est un mini PC professionnel reconditionné (Dell OptiPlex Micro, HP EliteDesk Mini, Lenovo ThinkCentre Tiny), avec 8 Go de mémoire et un SSD ; gardez un Core i5 et 16 Go pour la 4K ou la 3D. Économisez sur la machine, pas sur l’écran : prenez un écran professionnel comme le TouchWo HR43, ou l’Elo 4303L pour une borne très sollicitée, plutôt qu’un téléviseur. Nous ne vendons aucun de ces modèles et ne les avons pas tous testés : ce sont ceux que nous citons à nos clients.
Il existe aussi des boîtiers Android à brancher derrière un écran ordinaire, et des players d’affichage dynamique comme les BrightSign (série XD6), qui font tourner le projet publié en web app, dans leur navigateur.
Tester avant de commander en série
Le matériel n’est pas la partie glamour d’un projet de borne interactive. Mais c’est celle dont on se souvient le plus longtemps quand on l’a mal choisie.
L’erreur classique est de choisir sur une démo fluide en showroom. La parade : tester votre projet, avec son vrai contenu, sur la machine visée, avant d’en commander dix.
Ce test ne demande ni d’acheter les machines en série, ni de s’abonner. Un compte PandaSuite gratuit, limité à un projet, suffit pour le construire et le tester : PandaSuite Viewer l’ouvre sur une tablette ou un appareil Android, un lien de partage dans le navigateur d’un ordinateur. Comme le même projet tourne sur Windows et sur Android, on peut essayer les deux familles de machines sans rien refaire. Vous ne payez qu’au moment de publier ou d’exporter l’application, et c’est sur l’application exportée que se vérifie la version finale, avant le déploiement.
Testez aussi la réactivité de l’écran. Un écran qui répond avec un léger retard donne l’impression que tout le projet rame, même sur une machine rapide. Sur la vraie machine, avec les vrais câbles, tracez un trait rapide d’un bord à l’autre, faites glisser, zoomez à deux doigts. Si le trait ne suit pas le doigt, changez d’écran avant de changer de PC.
Pour concevoir l’expérience elle-même, une fois la machine fixée, voyez les bonnes pratiques de l’écran tactile.
Vous hésitez entre deux machines pour votre borne ? Écrivez-nous avec votre contenu et votre lieu : nous vous dirons laquelle nous prendrions.


